Construction

Habitat partagé : des nouvelles maisons adaptées à son public

Publié le 31/03/2023
Granddaughter teaching her grandmother to use a tablet

Dans la société française, comme dans la plupart des pays européens, le vieillissement de la population, l’allongement de l’espérance de vie et le manque cruel de logements nécessitent la mise en place de nouvelles structures collectives adaptées. Qu’ils soient participatifs ou inclusifs, ces habitats d’un nouveau genre s’adressent à des personnes souhaitant évoluer dans un cadre de vie solidaire et participatif. Les colocataires partagent des lieux de vie, des projets voire des services, tout en conservant des espaces privatifs (chambres, salles de bains). Demeures Côte d’Argent, précurseur en matière de maison partagée avec son modèle de maison Cosmos, vous informe sur le fonctionnement et les avantages de ces habitats partagés.

Qu’est-ce que l’habitat partagé ou inclusif ?

Les habitats partagés sont l’aboutissement d’une réflexion menée par différents acteurs du milieu social et associatif, dont l’Association Simon de Cyrène. Un des premiers objectifs de l’Association Simon de Cyrène était de lutter contre l’isolement des personnes âgées ou porteuses d’un handicap. Le concept développé par Simon de Cyrène était de proposer à chaque résident son propre logement, véritable espace privatif qui serait sa résidence principale. Il pourrait y vivre en autonomie tout en partageant avec le groupe, un projet de vie sociale, des services et des espaces communs.

C’est sur ces principes de base que les premiers projets d’habitats inclusifs ont vu le jour il y a quelques années. Ceux-ci s’adressent aux seniors et aux personnes en situation de handicap qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas rester dans leur maison. Ce type d’hébergement est une alternative intéressante au maintien à domicile ou à la vie en Ehpad. Chaque individu peut être locataire, colocataire ou propriétaire.

L’habitat inclusif constitue alors la résidence principale du senior ou de la personne handicapée. Il est conçu pour permettre le développement d’un projet de vie sociale et partagée, en intérieur comme à l’extérieur du logement.

C’est la loi pour l’Evolution du Logement, de l’Aménagement et de la Transition numérique (loi ELAN) qui régit ce type de structures. Celle-ci a vu le jour en novembre 2018 et met en place le forfait habitat inclusif destiné à financer la rémunération du professionnel chargé de l’animation du projet et le petit équipement nécessaire à sa mise en œuvre. Enfin, dans un logement inclusif, les seniors et les personnes en situation de handicap ou de perte d’autonomie peuvent bénéficier d’un accompagnement individualisé. En cela, l’habitat partagé est une solution complémentaire à l’adaptation des domiciles des seniors ou des personnes handicapées. Enfin, il permet également à ces personnes de briser une situation d’isolement, de retrouver du lien social tout en conservant confort et autonomie.

Ne pas confondre habitat partagé et habitat participatif

Alors que l’habitat participatif est construit par les citoyens qui y vivront, l’habitat inclusif est construit par des collectivités, des promoteurs privés ou sociaux, des associations, des fondations.

De plus, l’habitat participatif se distingue singulièrement de l’habitat inclusif imaginé par les premiers fondateurs d’habitats alternatifs (exemple : Association Simon de Cyrène). Ce dernier s’adresse plutôt aux seniors et aux personnes en situation de handicap, alors que l’habitat participatif est destiné à celles et ceux qui partagent une vision commune du « vivre ensemble ». Les habitants sont acteurs de leur projet et chacun acquiert la qualité d’associé. C’est une nouvelle forme de colocation. Ainsi, tous participent aux décisions relatives à la construction ou l’achat de la maison, ainsi qu’à sa gestion et son entretien. S’engager dans ce type de projet, c’est aussi intégrer un groupe qui inscrit son projet dans une démarche nouvelle de développement durable et solidaire. Enfin, c’est un moyen de favoriser le partage intergénérationnel et de tisser des liens entre jeunes et plus âgés.

Régi par la loi Accès au Logement et Urbanisme Rénové (loi ALUR) de 2014, l’habitat alternatif reste encore peu répandu en France alors qu’il est déjà très présent en Allemagne, en Suisse et en Norvège.

Comment créer et financer une maison ou habitat participatif/coopératif ?

Plusieurs possibilités s’offrent au groupe de personnes souhaitant financer l’ouverture d’un habitat participatif. Deux grandes tendances se dégagent :

– Les logements qui reposent sur l’auto-construction ou l’auto-gestion nécessitent l’implication de tous les acteurs et permettent de réduire les besoins de financement.

– Les projets qui sont construits avec l’aide de partenaires extérieurs (bailleurs, collectivités…). Ceux-ci bénéficient d’une partie de financement provenant de fonds extérieurs.

L’habitat partagé apporte une meilleure qualité de vie aux seniors

Encore peu développées en France il y a quelques années, de nouvelles fondations ont récemment vu le jour pour proposer des habitats partagés à différents types de publics. Il faut dire que ces derniers offrent un cadre de vie privilégié à leurs colocataires. Ils permettent notamment à des seniors, en perte d’autonomie ou ne pouvant rester isolés dans leur maison, de disposer d’une alternative à l’Ehpad. Ce type d’hébergement favorise les échanges, la gestion du quotidien et limite les coûts financiers supportés par chacun des colocataires. Chaque personne occupe son espace privatif (chambre, salle de bain) et partage des espaces communs (salon, salle à manger…) avec les autres colocataires. Dans certains cas, des services d’accompagnement collectif ou personnalisé sont mis en place pour assurer le confort et le bien-être des résidents : intervention de professionnels de la santé, aide au quotidien, activités culturelles, sportives ou artistiques…

Qui s’occupe des tâches quotidiennes dans un habitat partagé ?

La prise en charge des tâches quotidiennes dans l’habitat partagé dépend du degré d’autonomie des habitants. Lorsque les seniors sont autonomes et en bonne santé, ils peuvent participer à certaines tâches de la maison et s’investir dans des activités liées au projet social.

Dans le cadre de l’habitat partagé accompagné, les seniors vivent en colocation mais ne sont pas autonomes. Ces logements sont donc aménagés en conséquence et disposent de personnels aidants pour assurer les tâches du quotidien : ménage de la maison, toilette des résidents, animations, interaction avec la ville (associations, famille, médecine de ville…).

Des maisons et un accompagnement adaptés aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer

La prise en charge (domicile, santé, sécurité, …) des personnes souffrant d’Alzheimer nécessite de tenir compte du stade d’évolution de la maladie.
Ainsi on trouve des maisons de retraite médicalisées, des Ehpad et des unités de vie Alzheimer qui sont spécialisées dans la prise en charge de ces patients. Ces structures mettent en place une prise en charge adaptée à ces publics. Elles les accueillent dans un lieu adapté à leur pathologie où ils peuvent évoluer en sécurité et bénéficier d’une prise en charge médicale.

Toutefois, toutes les maisons de retraite médicalisées et les Ehpad ne disposent pas nécessairement d’unité de vie Alzheimer, ces dernières étant réservées aux patients souffrant d’une forme avancée de la maladie. C’est pourquoi, les familles de personnes atteintes d’Alzeihmer peuvent s’informer auprès des Maisons pour l’Autonomie et l’Intégration des Malades d’Alzeihmer. Ces maisons ont pour objectif d’informer, de coordonner la prise en charge des patients et d’accompagner les proches. Il en existe environ une centaine dans toute la France.

APL en maisons de retraite : pour qui ?

L’APL vise à réduire le coût financier du logement sur le budget des seniors les plus modestes. Cette aide est versée au résident d’un centre Ehpad à condition que cet établissement soit conventionné et sous réserve que les ressources du senior ne dépassent pas le plafond fixé. Son montant varie également en fonction du tarif et de la localisation de la maison de retraite.

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Article rédigé par

Rémi FROMAGET

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